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Cours: Hijama
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Hijama

Leçon de texte

6.1-Différences entre Hijama et saignée

Résumé audio

Les différences entre la Hijama (حجامة) et la saignée (الفصد) et la clarifications sur cette terminologie

Il est fréquent d’entendre le terme “saignée” dans le contexte de la hijama, cependant, il convient de préciser que la hijama et la saignée sont deux techniques distinctes.
Chacune avec ses propres objectifs et méthodes. Bien que toutes deux impliquent l’extraction de sang, leurs approches et implications historiques et médicales diffèrent grandement. Par exemple, la hijama vise principalement à purifier le corps de toxines en utilisant des ventouses et des incisions superficielles, tandis que la saignée cherche à rétablir un équilibre des humeurs corporelles par une incision veineuse directe, ce qui est beaucoup plus invasif et parfois dangereux.

Objectifs et méthodes

Hijama (حجامة)

Cette technique appelée aussi cupping therapy, vise à purifier le corps en extrayant le sang qui contient des toxines. Les praticiens de la hijama utilisent des ventouses pour créer une succion sur la peau, puis pratiquent de petites incisions pour permettre l’extraction de ce sang.

Saignée (الفصد)

Historiquement utilisée pour équilibrer les humeurs du corps, cette méthode implique l’incision directe d’une veine pour extraire du sang frais. Aujourd’hui, cette pratique est largement abandonnée dans la médecine moderne. Selon certains scientifiques, elle présente des risques réels, tels que les infections dues à une mauvaise hygiène, les pertes de sang excessives pouvant entraîner des complications graves ou même dans certains cas le décès du patient.

Procédure de la saignée

Incision et Collecte

Après avoir choisi une veine, un praticien fait une incision pour permettre au sang de couler, puis le collecte dans un récipient stérile.

Cautérisation

Après la saignée, la plaie est cautérisée pour arrêter le saignement et fermer la plaie. Cette technique utilise la chaleur pour brûler la zone et encourager la formation d’une croûte, ce qui prévient les infections mais est très douloureux.

Incidents historiques

Des figures historiques ont subi des saignées avec des conséquences fatales, illustrant les risques de cette pratique. Ces événements tragiques ont contribué à une perception moderne de la saignée comme une technique intrusive et dangereuse. Ils ont renforcé la nécessité d’une approche scientifique et rigoureuse dans les soins médicaux, conduisant à l’abandon progressif de cette pratique en faveur de méthodes plus sûres et efficaces.

Par exemple, le président américain George Washington est décédé en 1799 après avoir été saigné de plusieurs pintes (une unité de mesure de volume utilisée principalement pour les liquides +ou- 0,5 litre) de sang par ses médecins, qui tentaient de traiter une infection de la gorge. Cette perte massive de sang est considérée par certains historiens comme ayant contribué à son décès.

Un autre cas notable est celui du roi Charles II d’Angleterre, qui est décédé en 1685 suite à une série de saignées intensives, les saignées pratiquées à la suite de sa maladie ont aggravé son état de santé, au point que certains considèrent aujourd’hui cette intervention comme une cause sous-jacente de son décès.

La pratique de la saignée dans la tradition musulmane

La pratique de la saignée a également des racines historiques dans la tradition musulmane, comme le démontre un hadith rapporté par Muslim.

D’après Jabir ibn Abdullah, le Prophète Muhammad, que la paix soit sur lui, a envoyé un praticien chez Ubay ibn Ka’b pour pratiquer la saignée. Le praticien a coupé une veine et l’a ensuite cautérisée.

Ce récit montre que, bien que la hijama soit plus fréquemment associée à la médecine prophétique, la saignée était également pratiquée et reconnue parmi les compagnons du Prophète, soulignant ainsi la diversité des pratiques médicales dans l’histoire islamique.

Cependant, nous avons de nombreuses recommandations spécifiques concernant la Hijama

Malgré la pratique de la saignée, il est important de noter que la hijama était spécifiquement recommandée en raison de ses bienfaits supérieurs, contrairement à la saignée qui présentait des risques accrus.

Un hadith rapporte que l’ange Jibril a dit au Prophète Muhammad que la meilleure méthode de traitement contre les maladies était la hijama et le costus indien. Lorsque l’on sait que les anges ne font qu’obéir à Allah, alors on en conclu que cette recommandation souligne l’importance et l’efficacité de la hijama, la distinguant clairement de la saignée.

Points à retenir

  • Hijama ≠ saignée : ce sont deux pratiques très différentes.
  • La hijama est une technique ciblée et sécurisée, encadrée et adaptée à chaque cas.
  • La saignée était un prélèvement massif, souvent risqué pour le patient.
  • Employer le mauvais terme peut induire en erreur et nuire à la compréhension et à la confiance dans la hijama.
  • Bien nommer les choses, c’est protéger le patient et valoriser la pratique.